Samedi 27 décembre 2008
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L'ANATOMIE DES CANCERS
LE TISSU CANCÉREUX
Le tissu cancéreux comporte deux parties : le tissu tumoral constitué par les cellules cancéreuses elles-mêmes, et le tissu de soutien ou « stroma » qui a un rôle nourricier et qui est un tissu non
tumoral provenant de l'hôte.
LE TISSU TUMORAL
- Les cellules cancéreuses sont caractérisées par un certain nombre de critères morphologiques qui les différencient des cellules normales. Ainsi est-on capable en faisant un prélèvement de tissu
chez un malade (index, Biopsie) de voir si ce tissu comporte ou non des cellules cancéreuses. Ces cellules malignes sont de tailles irrégulières, souvent grandes (on parle alors de « gigantisme
cellulaire »). Elles ont un noyau plus volumineux que les cellules normales, et qui est lui aussi de taille irrégulière d'une cellule à l'autre. Leurs divisions sont anormales, on parle d'anomalies
de la mitose, car elles sont plus nombreuses que dans un tissu sain (ce qui explique la prolifération rapide des cellules tumorales) et elles ne se font pas de façon normale. - Les chromosomes des
cellules cancéreuses sont eux aussi anormaux, à la fois en nombre (la cellule normale en contient 46), et en qualité. Par exemple dans la leucémie myéloïde chronique (index, Hématologie) il existe
une anomalie du chromosome 22 (appelé alors « chromosome Philadelphie ») : un fragment du bras long du chromosome 22 est déplacé sur le chromosome 9 (index, Génétique). - La perte d'adhésivité des
cellules tumorales est un phénomène connu depuis longtemps. La perte d'inhibition de contact est un des caractères les plus importants pour expliquer le potentiel invasif (capacité de s'étendre et
de donner des métastases) des tumeurs. Les cellules malignes montrent un comportement agressif vis-à-vis des cellules normales : si on met deux colonies en culture dans la même « boîte », une de
cellules normales et une de cellules cancéreuses, les cellules cancéreuses vont détruire et remplacer l'autre colonie. Enfin nous avons déjà souligné le caractère « immortel » des cellules
tumorales : elles croissent indéfiniment tant qu'on leur assure un apport nutritif correct. - La membrane des cellules cancéreuses est également modifiée, avec notamment une perte des antigènes
membranaires normaux qui permettent que les cellules se reconnaissent entre elles. Enfin les mécanismes de régulation de la croissance sont perturbés au sein d'un tissu normal, et on a découvert
que les cellules sécrètent alors leurs propres facteurs de croissance.
LA DIFFÉRENCIATION DES CANCERS
- Les cellules cancéreuses peuvent garder les fonctions des cellules homologues normales, ou en développer des nouvelles. Quand elles gardent les fonctions normales des cellules homologues, elles
sont dites « différenciées ». On note alors une ressemblance avec un tissu normal quand on examine une biopsie au microscope. Cette ressemblance permet de déterminer l'origine du cancer, que ce
soit une tumeur primitive ou une métastase. La plupart des cancers du côlon prennent cet aspect bien différencié.
Le caractère différencié est de meilleur pronostic que le caractère indifférencié. Si les cellules tumorales perdent les fonctions des cellules homologues normales, on n'observera aucun caractère
morphologique commun avec un tissu normal. Le cancer est alors dit « indifférencié » ou « anaplasique ». On ne peut déterminer son origine, c'est-à-dire la ou les cellules à partir desquelles il
s'est développé. Enfin tous les intermédiaires entre ces deux aspects peuvent exister. On appelle alors le cancer peu « différencié ». - Les cellules tumorales peuvent aussi acquérir de nouvelles
fonctions, c'est-à-dire produire des substances que les cellules normales ne produisent pas. Cette production est due à une dérépression des gènes normalement présents dans toutes nos cellules,
mais qui ne sont pas exprimés. Cette notion est très importante car elle a permis d'établir la notion de marqueurs tumoraux. - Les marqueurs tumoraux sont des substances produites par les cancers,
qu'on peut détecter et doser par des examens de laboratoires sur des prises de sang (index, Examens complémentaires). Nous verrons plus loin leur importance.
LE TISSU DE SOUTIEN
Dans un tissu normal, on distingue des cellules spécifiques au tissu (par exemple les hépatocytes dans le foie) et des cellules qu'on retrouve dans tous les tissus. Ces cellules forment ce qu'on
appelle le tissu conjonctif, qui « soutient » les cellules spécifiques. Les cellules tumorales sont elles aussi « soutenues » par un tissu conjonctif qui appartient à l'hôte et qu'on appelle «
stroma ». Mais elles ont la possibilité d'agir sur ce tissu. Elles sécrètent des facteurs induisant la formation d'une nouvelle vascularisation sanguine, faite « sur mesures ». Ainsi, la plupart
des tumeurs sont-elles richement vascularisées, ce qui est nécessaire à leur prolifération rapide. Le tissu de soutien va également être le siège d'une réaction inflammatoire de l'hôte envers la
tumeur. Il est possible que la tumeur se serve de cette réaction, qui détruit un peu la trame de collagène du tissu conjonctif, pour établir sa nouvelle vascularisation
(néovascularisation).
LA CROISSANCE TUMORALE
L'évolution naturelle des tumeurs malignes se déroule en deux étapes successives : la croissance tumorale locale et la dissémination cancéreuse.
LA CROISSANCE TUMORALE LOCALE
Elle est subdivisée en deux phases, l'initiation et la promotion cancéreuse. - Lors de l'initiation cancéreuse, les cellules une fois transformées par différents agents en cellules malignes par
modification de leur génome (index, Développement du cancer), vont se diviser et réaliser un ou plusieurs clones tumoraux. Elles vont alors soit être rejetées et détruites par les mécanismes de
surveillance immunitaire de l'organisme, soit continuer à proliférer car elles sont « tolérées » par le tissu hôte. - Lors de la promotion cancéreuse, les cellules cancéreuses, au début de leur
prolifération, sont probablement nourries comme les cellules normales du tissu qu'elles « habitent ». Mais à partir d'un certain nombre de cellules malignes, une condition essentielle au bon
développement de la tumeur est l'apparition d'un stroma constitué, avec formation d'une néovascularisation. La tumeur est alors constituée, avec sa propre vascularisation.
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Par lya
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Publié dans : E.Med
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