
Le cancer du sein est une maladie grave, mais
qui ne doit plus effrayer. Certes, il reste le plus fréquent des cancers féminins, puisque l'on dénombre chaque année, en France, 30 000 cas nouveaux environ, entraînant près de 9 000 décès. Mais
ces chiffres ne doivent pas faire oublier les progrès de la prévention et de la thérapeutique, qui ont permis, et permettront encore davantage demain, de mieux maîtriser ce cancer. On le découvre
aujourd'hui de plus en plus tôt, on le soigne donc de mieux en mieux, et les traitements utilisés sont de moins en moins agressifs.
COMPRENDRE
Si l'on connaissait les raisons exactes du développement du cancer du sein, il est bien évident que l'on ferait encore davantage de progrès dans son traitement. Malheureusement, ce n'est pas le
cas. Tout ce que l'on sait pour l'instant, c'est qu'il existe un faisceau de facteurs favorisants et un certain profil de la femme exposé au risque de cancer du sein. Voici quelques-uns de ces
facteurs de risque. - L'âge : les cancers du sein ap-paraissent en général après quarante-cinq ans, avec deux périodes critiques à cinquante-cinq et soixante-dix ans. On observe aussi un pic aux
alentours des trente-cinq ans. À partir des premières années de la quarantaine, il est indispensable d'effectuer une mammographie tous les deux ans. - L'hérédité : si quelqu'un de votre famille a
déjà été atteint d'un cancer du sein (sœur, mère, grand-mère), vous avez deux fois plus de risques de développer vous-même ce cancer. Dans ce cas, la mammographie est conseil-lée dès l'âge de
trente ans. On ne peut pas dire que le cancer soit héréditaire, mais il existe cependant une certaine prédisposition familiale, qui justifie une surveillance plus étroite. - Les affections bénignes
des seins : les kystes et la mastose sont bénins, mais exigent une surveillance régulière. Consultez chaque année votre gynécologue qui vous prescrira une mammographie tous les deux ans à partir de
trente-cinq ans. - L'alimentation : elle jouerait un rôle important, en particulier la consommation de viandes et de graisses animales. On ne sait pas encore exactement comment agit l'alimentation
dans le déclenchement du cancer, mais son rôle semble indéniable. On l'a observé en étudiant les populations mi-grantes, entre l'Asie et l'Amérique par exemple. Après plusieurs années de vie aux
États-Unis, les femmes asiatiques ont le même cancer du sein que les Américaines blanches, alors qu'elles en souffrent rarement dans les pays asiatiques. Il semble donc que l'alimentation joue un
rôle important, à côté d'autres facteurs du mode de vie, encore peu étudiés. L'obésité, liée à l'alimentation, est également un facteur favorisant. - Les facteurs hormonaux : ils jouent un rôle
incontestable, et il y a une relation directe entre le cancer et les différents épisodes de la vie hormonale.
On sait, par exemple, que le cancer du sein est plus fréquent chez les femmes qui ont eu une puberté précoce et celles qui ont une ménopause tardive (après l'âge de cinquante-cinq ans). On peut
également incriminer les grossesses tardives (première grossesse à trente ans). On a enfin constaté que le cancer du sein pouvait être plus fréquent chez les femmes qui ont une activité sexuelle
réduite (célibataires) ou très réduite, par exemple les religieuses. En revanche, les traitements hormonaux comme la contraception orale ont été lavés de tout soupçon, en particulier depuis la
diffusion des pilules microdosées (index, Pilule), qui présentent nettement moins de danger que les pilules des années soixante. Le même problème se pose avec le traitement hormonal de la
ménopause, qui exige une surveillance attentive, en raison du risque accru de cancer après l'âge de cinquante ans. - Le soleil : il est déconseillé, bien sûr, mais il agit davantage sur la peau, en
favorisant l'éclosion de cancers cutanés (index, Dermatologie), que sur le sein lui-même.
L'ensemble de ces facteurs de risque amène à dessiner le profil de la femme qui est le plus touchée par le cancer du sein : il s'agit en général d'une femme de trente-cinq à cinquante ans, vivant
dans une grande ville occidentale, d'un milieu social plutôt aisé, avec une alimentation riche en corps gras, célibataire ou qui a commencé à avoir des enfants après trente ans. On se rend compte
aujourd'hui que de plus en plus de femmes correspondent à ce profil en raison des changements des modes de vie. Et il y a, en conséquence, une très nette augmentation du nombre de cancers du
sein...
RECONNAÎTRE
Le diagnostic du cancer du sein repose, évidemment, sur les examens cliniques et les examens complémentaires que l'on réalise lorsque l'on détecte une grosseur anormale. Il repose aussi de plus en
plus sur les examens de dépistage systématique, qui sont à l'heure actuelle le seul moyen de repérer précocement ce cancer, et donc de le soigner efficacement.
LA TUMEUR
Le cancer du sein se développe très lentement, et l'on estime qu'il faut en moyenne une dizaine d'années entre l'apparition des premières cellules cancéreuses et le développement d'une tumeur
palpable.
Cette tumeur, de forme irrégulière, dure, indolore, grandit loca-lement, et adhère aux tissus voisins, entraînant parfois des phénomènes de rétraction de la peau et même d'ulcération. On observe
parfois des aspects de « peau d'orange » sur la peau du sein (index, Cellulite), qui sont évocateurs d'une tumeur. Celle-ci se développe au détriment des tissus du sein, puis envahit le muscle
pectoral et la paroi thoracique.
Rapidement, elle envahit les vaisseaux et les ganglions lymphatiques de la région, en particulier ceux qui sont situés dans l'aisselle. Ce sont d'abord les ganglions les plus bas qui sont envahis,
puis les ganglions supérieurs. Lors de l'opération, le chirurgien vérifie toujours l'état des ganglions. Si seuls les ganglions inférieurs sont atteints, le pronostic est meilleur.
À un stade ultérieur, le cancer se propage à distance par l'intermédiaire de métastases, en particulier dans le poumon, l'os et le foie.
Il est difficile de dresser immédiatement un diagnostic de cancer devant une grosseur du sein, chez une femme que l'on ne connaît pas et qui a découvert cette tumeur par hasard, au cours de sa
toilette. Si la tumeur est petite, si elle paraît lisse et arrondie, il est impossible de décider de son caractère bénin ou malin.
LE DÉPISTAGE
C'est pourquoi il est nécessaire d'effectuer des examens complémentaires, dont le plus important est la mammographie. C'est un examen important, qui permet parfois de détecter un cancer alors qu'il
n'y a aucun signe clinique.
Lorsque les signes cliniques et mammographiques établissent qu'il y a un risque élevé de tumeur cancéreuse, il devient indispensable d'opérer.
Mais, dans de nombreux cas, aujourd'hui, le cancer n'est pas une découverte de l'examen médical, mais d'un examen de dépistage. Nous avons vu que deux examens sont devenus importants, celui de
l'autopalpation des seins et celui de la mammographie (index, Gynécologie).
L'autopalpation des seins, qui doit être pratiquée chaque mois, de préférence au même jour du cycle, permet de repérer l'apparition d'une boule anormale (index, Grosseur du sein). Le cas échéant,
parlez-en à votre médecin, qui, dans 90% des cas, vous rassurera. Si cette grosseur du sein a un caractère inquiétant, il vous prescrira une mammographie, qui détectera éventuellement un
cancer.
À ce stade, il s'agit souvent d'une petite tumeur qui n'a pas encore diffusé dans les ganglions axillaires (index, Métastase) et présente un très bon pronostic de guérison.
TRAITER
Le diagnostic de guérison d'un cancer du sein implique dans tous les cas une intervention chirurgicale, dont l'importance dépend du stade d'évolution de la maladie.
LA CHIRURGIE
Actuellement, on n'enlève que la tumeur dans la moitié des cas. Pour les autres, il faut procéder à une ablation complète du sein malade, avec éventuellement un curage des ganglions de l'aisselle
afin d'éviter les risques de métastases. L'ablation est nécessaire si la tumeur dépasse 5 centimètres de diamètre, si elle est mal placée (derrière le mamelon) ou si elle présente un risque de
diffusion rapide.
Le cancer du sein a toujours fait peur aux femmes, bien sûr à cause du risque vital, mais aussi à cause de l'opération qui consiste à enlever le sein, et qui a donné une réputation désastreuse à
cette maladie. On a vu même beaucoup de femmes laisser s'aggraver la maladie par crainte de l'opération.
Aujourd'hui, les chirurgiens ont réalisé beaucoup de progrès et opèrent avec plus de discernement, d'autant plus que les cancers sont détectés et donc soignés à un stade plus précoce. Dans ce cas,
au niveau du sein, on peut se contenter d'effectuer l'ablation de la tumeur (tumorectomie) ou d'une partie du sein (quadrantectomie). Cette intervention sur le sein sera complétée par une petite
intervention sur les ganglions de l'aisselle, afin d'évaluer le stade exact de la maladie. Cette opération sur les ganglions peut aller jusqu'au curage ganglionnaire selon le stade de la maladie,
et elle sera complétée par une radiothérapie et/ou une chimiothérapie par voie générale.
Dans les stades un peu plus évolués (volume de la tumeur supérieur à 2 centimètres), il faudra faire une amputation du sein avec un curage ganglionnaire complet, et associer le geste chirurgical à
une radiothérapie et/ou une chimiothérapie. Le traitement complémentaire chimiothérapique est fonction de l'importance de l'atteinte ganglionnaire.
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Extrait de Encyclopédie Médicale Pratique
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